La culpabilité naît de la contradiction entre l’image que nous gardons de nous même et les actions que nous menons.
Nous avons, depuis notre enfance, construit une image de nous même (bien souvent celle d’une bonne personne : honnête, altruiste, responsable, fiable, etc…) comme nous avons construit l’image de ce que sont les autres en fonction de leur place dans nos vie (les parents sont aimants, dévoués, ont le sens du sacrifice,… ; des amis sont fiables, présents, … ; etc…). Mais il se trouve que nous agissons parfois (souvent ?) en sens contraire à cette image, ou que nous constations que les autres agissent en sens contraire à l’image que nous avons d’eux.
La conséquence de cette contradiction peut être, soit de la culpabilité lorsque c’est notre image que nos actions contredisent, soit du ressentiment si ce sont les actions des autres qui contredisent l’image que nous avons d’eux.

A ces deux symptômes que sont la culpabilité ou le ressentiment, il existe deux remèdes. Il s’agit de modifier soit l’image, soit l’action.
Ainsi, en acceptant que je puisse ne pas être la personne idéale que j’imagine et en acceptant que je puisse faillir me permet d’échapper à la culpabilité. J’ai donc changé l’image que j’avais de moi-même. Si par exemple, je procrastine (Cf. commentaire du post Vaincre la procrastination repris ci-dessus), je n’arrive pas à m’investir dans un tâche, la culpabilité va s’installé effectivement très vite. Mais je peux choisir de me dire que je ne suis pas l’homme parfait que j’imagine et que je suis OK avec ça, que j’accepte cette condition. Je peux également choisir de modérer mes objectifs qui sont peut être trop ambitieux et ainsi en fixer des nouveaux plus accessibles. En modifiant l'image que j'ai de moi, j'élimine la culpabilité lorsque j'agît en contradiction à cette image.

Cependant, modifier uniquement l’image est un peu restrictif à mon goût. Certes, c’est le changement le plus facile à réaliser, néanmoins, il me semble que modifier les actions contradictoires est gage de progression.
Ainsi dans notre exemple, d'une part je peux déjà modifier l’image que j’ai de moi en acceptant que je puisse être sujet à la procrastination, et d'autre part, je peux agir de telle sorte que cela se reproduise de moins en moins : par exemple, je tâche d’appliquer les quelques outils pour vaincre la procrastination, je décèle le moindre moment de procrastination et concentre mes efforts à les éliminer, etc…
De cette manière, en changeant et l'image et les actions, je transforme la culpabilité en responsabilité ! J’arrête de regarder derrière, de focaliser sur l’échec, et je commence à entrevoir les voies et les actions à mener pour progresser et ne plus recommencer.
Culpabiliser, c’est regarder le passé et se morfondre sur nos échecs,
Être responsable, c’est regarder devant en focalisant sur notre grandissement.

En ce qui concerne le ressentiment, il en est de même, mis à part que l’image que l’on a des autres est plus facile à modifier plutôt que leurs actions car ces dernières ne nous appartiennent pas… Il me suffit donc d’accepter que les autres ne soient pas forcément identiques à l’image que je m’en suis fait pour ne plus être envahi par le ressentiment. Il s’agit donc d’avoir l’esprit ouvert et de ne pas avoir d’attente vis-à-vis des autres. Attention, cela ne signifie pas : être résigner, se laisser faire, etc… Bien entendu, il ne s’agit que d’apaiser le sentiment négatif qui survient lorsqu’une de nos attentes n’est pas au rendez-vous. Etre « sans attente » ne veut pas dire « ne pas être exigent ».

Enfin, il existe un remède bien plus puissant, un principe transcendant, religieux pour certain, d’un niveau de sagesse bien supérieur aux principes présentés ci-dessus : il s’agit du Pardon.
Par le pardon, j’élimine tout sentiment négatif de ressentiment ou de culpabilité.
Je pardonne aux autres, comme je me pardonne moi-même. Non seulement, je me pardonne d’avoir agît en contradiction à ce que je veux être, mais je me pardonne également de me juger d’avoir agît ainsi.
Le pardon est le moyen suprême à l'harmonie et l'alignement de notre esprit, notre conscience et notre moi « primaire », et ainsi, d'atteindre l’équilibre et la paix intérieure.

Dans un prochain post j’évoquerai les trois états du « moi » qui décrivent tous les processus personnels et inter-personnels.