Lettre ouverte aux médecins
Par Daniel AZARIAN, mardi 24 juillet 2007 à 14:19 - Santé - #70 - rss
Préambule :
L’article d’aujourd’hui va peut être vous paraître quelque peu vindicatif, néanmoins, il n’en est rien. Certes, un des objectifs de cet article est de jouer le rôle de catharsis pour moi ; de fait, il est libératoire et chargé d’expériences… douloureuses pour certaines.
Cependant, j’espère pouvoir allumer quelques prises de conscience dans le cœur rempli de certitude de tant de médecins.
De plus, j’ai eu à subir un certain nombre d’expériences chirurgicales qui m’ont fait côtoyer le milieu médical de l’intérieur. Comme beaucoup de personnes de mon entourage pratiquent cette profession magnifique qui consiste à sauver des vies humaines, je sais, parce que je les connais, qu’on peut être médecin et humain en même temps.
Vous constaterez que cette lettre ouverte a un certain formalisme (en gras). Celui-ci permet de fixer la structure de la catharsis. Il est crucial.
Le témoignage de Bill Garrett, urgentiste à Denver, que j’ai recueilli dans un livre (qui n’est malheureusement plus édité) de John Hanley m’a beaucoup éclairé.
L’article d’aujourd’hui va peut être vous paraître quelque peu vindicatif, néanmoins, il n’en est rien. Certes, un des objectifs de cet article est de jouer le rôle de catharsis pour moi ; de fait, il est libératoire et chargé d’expériences… douloureuses pour certaines.
Cependant, j’espère pouvoir allumer quelques prises de conscience dans le cœur rempli de certitude de tant de médecins.
De plus, j’ai eu à subir un certain nombre d’expériences chirurgicales qui m’ont fait côtoyer le milieu médical de l’intérieur. Comme beaucoup de personnes de mon entourage pratiquent cette profession magnifique qui consiste à sauver des vies humaines, je sais, parce que je les connais, qu’on peut être médecin et humain en même temps.
Vous constaterez que cette lettre ouverte a un certain formalisme (en gras). Celui-ci permet de fixer la structure de la catharsis. Il est crucial.
Le témoignage de Bill Garrett, urgentiste à Denver, que j’ai recueilli dans un livre (qui n’est malheureusement plus édité) de John Hanley m’a beaucoup éclairé.
Chers médecins,
Je m’ouvre à ma libération.
Je veux que vous sachiez que je ne suis pas un numéro, que je ne suis pas un morceau de viande, ni une courbe de température au bas d’un lit.
Je veux que vous sachiez que je n’ai pas 10 ans, je n’ai pas besoin d’être materné d’un air supérieur. Je veux que vous sachiez que l’on s’adresse à moi en me vouvoyant ou mieux, en me tutoyant, mais pas en me disant « il ».
Je veux que vous sachiez que vous avez le choix de traiter les patients comme des êtres humains, et non de traiter des êtres humains comme des patients.
Je veux que vous sachiez que vous ne traitez pas des maladies, mais que vous traitez des personnes qui ont une maladie. Je ne suis pas « le kyste pilonidal de la chambre 212 », « l’appendicite de ce matin », mais je m’appelle Daniel et j’ai besoin de vous. Je veux que vous sachiez qu’il n’est pas mal de réviser ses certitudes, de les mettre à l’épreuve. Ce n’est pas une honte de dire « je ne sais pas » et de s’en référer à un autre médecin. Vous êtes les sachants, mais vous n’êtes pas sans failles. Vous avez le pouvoir de vie ou de mort sur moi, exercez ce pouvoir avec humilité. L’humilité est un compagnon de voyage, pas une marque de faiblesse.
Je veux que vous sachiez que, bien que vous me soignez, je suis aussi responsable de ma guérison. Un encouragement, un soutien, un espoir de votre part m’aident à guérir. Sachez également, que j’ai souvent la réponse à vos questions… Encore faut il accepter que je puisse vous l’apporter.
Je veux que vous sachiez que je ne suis pas qu’un corps humain. Je suis également un ensemble de sentiments, je suis une psyché, et que toutes ces composantes sont liées. Vous ne soignez pas que mon corps, et mon corps n’est peut être pas le seul ou le premier malade ?
Je veux que vous sachiez que je ne suis pas seul. Mes proches sont inquiets quand je viens vous voir. Il nécessite aussi de l’attention, de la délicatesse, de l’amour.
Je veux que vous sachiez que construire des barrières pour se protéger de ses émotions, de ne pas partager ses émotions, de se blinder, est une erreur monumentale, un prétexte, une excuse. Avez-vous simplement essayé l’inverse ?. Ne sentez vous pas un manque de sensibilité, une irritabilité à agir de la sorte ? Pleurez avec ses patients n’est pas une faiblesse, ça fait du bien au patient, et ça vous fait du bien. Vous n’êtes pas des machines. Livrez vous, partagez vos émotions, montrez à vos patients que vous êtes humains vous aussi. Vous ne vous sentirez que plus vivant, que plus de ce monde. Vous êtes enfermé dans vos schémas dépassés où pleurer est mal, s’impliquer émotionnellement est mal. Le temps des médecins de Molière est révolu, ne vous cachez plus derrière vos connaissances et vos mots compliqués quand il ne s’agit que de serrer un patient dans ses bras. Qui parmi vous l’a déjà fait ? J’aurais aimé qu’on le fasse avec moi.
Je vous pardonne car le poids des années, les codes sociaux, les fausses croyances ont la vie dure. Je vous pardonne de mes souffrances que vous n’avez pas vues car vous ne regardiez que mon corps. Je vous pardonne car vous avez le plus beau métier du monde et le plus difficile : donner la Vie, redonner la santé, et nous accompagner dans la Mort.
Je me pardonne d’avoir eu du ressentiment envers vous, d’avoir fait des amalgames, de vous juger ; et je me pardonne de m’être jugé ainsi.
Je vous remercie de m’avoir soigné, de m’avoir permis de recouvrer la santé. Je vous remercie pour votre investissement dans votre tâche.
Nous avons toujours, vous et moi, le pouvoir de choisir « l’Amour », de choisir « pour le meilleur de tous ».
Daniel
PS : si vous avez un poids qui pèse sur votre cœur, prenez du papier, écrivez :
Cher ou chère …… la personne à qui vous voulez vous adresser (cela peut être vous-même)
Je m’ouvre à ma libération.
Je veux que vous sachiez que …………
Je vous pardonne…………
Je me pardonne…………
Je vous remercie…………
Et finissez par une formule de souhait pour le meilleur de tous.
Une fois écrite, le mieux est de la brûler, comme si, par le feu, tout ce poids s'envolait.
Je m’ouvre à ma libération.
Je veux que vous sachiez que je ne suis pas un numéro, que je ne suis pas un morceau de viande, ni une courbe de température au bas d’un lit.
Je veux que vous sachiez que je n’ai pas 10 ans, je n’ai pas besoin d’être materné d’un air supérieur. Je veux que vous sachiez que l’on s’adresse à moi en me vouvoyant ou mieux, en me tutoyant, mais pas en me disant « il ».
Je veux que vous sachiez que vous avez le choix de traiter les patients comme des êtres humains, et non de traiter des êtres humains comme des patients.
Je veux que vous sachiez que vous ne traitez pas des maladies, mais que vous traitez des personnes qui ont une maladie. Je ne suis pas « le kyste pilonidal de la chambre 212 », « l’appendicite de ce matin », mais je m’appelle Daniel et j’ai besoin de vous. Je veux que vous sachiez qu’il n’est pas mal de réviser ses certitudes, de les mettre à l’épreuve. Ce n’est pas une honte de dire « je ne sais pas » et de s’en référer à un autre médecin. Vous êtes les sachants, mais vous n’êtes pas sans failles. Vous avez le pouvoir de vie ou de mort sur moi, exercez ce pouvoir avec humilité. L’humilité est un compagnon de voyage, pas une marque de faiblesse.
Je veux que vous sachiez que, bien que vous me soignez, je suis aussi responsable de ma guérison. Un encouragement, un soutien, un espoir de votre part m’aident à guérir. Sachez également, que j’ai souvent la réponse à vos questions… Encore faut il accepter que je puisse vous l’apporter.
Je veux que vous sachiez que je ne suis pas qu’un corps humain. Je suis également un ensemble de sentiments, je suis une psyché, et que toutes ces composantes sont liées. Vous ne soignez pas que mon corps, et mon corps n’est peut être pas le seul ou le premier malade ?
Je veux que vous sachiez que je ne suis pas seul. Mes proches sont inquiets quand je viens vous voir. Il nécessite aussi de l’attention, de la délicatesse, de l’amour.
Je veux que vous sachiez que construire des barrières pour se protéger de ses émotions, de ne pas partager ses émotions, de se blinder, est une erreur monumentale, un prétexte, une excuse. Avez-vous simplement essayé l’inverse ?. Ne sentez vous pas un manque de sensibilité, une irritabilité à agir de la sorte ? Pleurez avec ses patients n’est pas une faiblesse, ça fait du bien au patient, et ça vous fait du bien. Vous n’êtes pas des machines. Livrez vous, partagez vos émotions, montrez à vos patients que vous êtes humains vous aussi. Vous ne vous sentirez que plus vivant, que plus de ce monde. Vous êtes enfermé dans vos schémas dépassés où pleurer est mal, s’impliquer émotionnellement est mal. Le temps des médecins de Molière est révolu, ne vous cachez plus derrière vos connaissances et vos mots compliqués quand il ne s’agit que de serrer un patient dans ses bras. Qui parmi vous l’a déjà fait ? J’aurais aimé qu’on le fasse avec moi.
Je vous pardonne car le poids des années, les codes sociaux, les fausses croyances ont la vie dure. Je vous pardonne de mes souffrances que vous n’avez pas vues car vous ne regardiez que mon corps. Je vous pardonne car vous avez le plus beau métier du monde et le plus difficile : donner la Vie, redonner la santé, et nous accompagner dans la Mort.
Je me pardonne d’avoir eu du ressentiment envers vous, d’avoir fait des amalgames, de vous juger ; et je me pardonne de m’être jugé ainsi.
Je vous remercie de m’avoir soigné, de m’avoir permis de recouvrer la santé. Je vous remercie pour votre investissement dans votre tâche.
Nous avons toujours, vous et moi, le pouvoir de choisir « l’Amour », de choisir « pour le meilleur de tous ».
Daniel
PS : si vous avez un poids qui pèse sur votre cœur, prenez du papier, écrivez :
Cher ou chère …… la personne à qui vous voulez vous adresser (cela peut être vous-même)
Je m’ouvre à ma libération.
Je veux que vous sachiez que …………
Je vous pardonne…………
Je me pardonne…………
Je vous remercie…………
Et finissez par une formule de souhait pour le meilleur de tous.
Une fois écrite, le mieux est de la brûler, comme si, par le feu, tout ce poids s'envolait.
Commentaires
1. Le mardi 24 juillet 2007 à 14:36, par madeleine
2. Le mardi 24 juillet 2007 à 18:21, par Albert Lourenço
3. Le mardi 24 juillet 2007 à 20:37, par K. Youblan
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